Le Quatuor de l’intérieur – Prochaines dates
Le Quatuor de l’intérieur… En expansion depuis 2022.Le Quatuor est un temps d’immersion intense où se dessinent les lignes de force d’un projet d’écriture. Une session de 3 jours rythmée par des temps de recherche et d’écriture, d’exploration d’outils qui permettent de structurer votre projet, de bien saisir votre intention et vos enjeux, de rebattre les cartes ou de confirmer les perspectives, de partager son processus, ses doutes, ses prises de conscience, de recevoir des retours constructifs, bienveillants et particulièrement éclairants. Nous avons rarement l’occasion d’approcher d’aussi près des processus d’écriture, ni de partager le nôtre aussi profondément. Ce moment bouleversant, fait de plusieurs strates réflexives et émotionnelles, permet de poser les fondations d’un projet d’écriture.Qu’il s’agisse de fiction, de poésie, de conte, d’essai, de récit hybride, le stage s’adapte à tout type de contenu et intègre des propositions personnalisées. On y parle de stratégie de traitement, d’enjeu dramatique, d’enjeu thématique, on y pratique le Jeu de la fleur (allégorie de la structure d’un texte), on y découvre les fondamentaux de la dramaturgie et du scénario, on y observe un schéma de progression des enjeux d’un projet d’écriture… Et on fait en sorte que ces outils ne prennent pas le pouvoir sur nos intuitions et notre liberté d’écrire, mais les renforcent. L’approche est plastique, délicate, respectueuse du processus, porteuse d’idées, révélatrice de signes forts. Elle impulse le muscle créateur tout en préservant les différentes étapes de la démarche de création. Le Quatuor, c’est aussi une ambiance, une attention inestimable portée à son projet, des moments d’exaltation, de tâtonnement, de résolution, des repas chaleureux, un cadre qui nous porte, une bulle hors du quotidien. Du Quatuor résulte une volonté d’accomplissement, une lucidité accrue sur sa production, une confirmation de sa valeur essentielle et singulière. Et puis, une pensée pour les personnages qui appartiennent à l’imaginaire des autres participants et qui nous manquent déjà… Le Quatuor d’hiver est terminé, les prochaines sessions auront lieu à Nantes, les 21-22-23 mars, et à Gardanne, les 26-27-28 juin. Renseignements et inscription : https://lnkd.in/dCEtvM-phttps://lnkd.in/dPQakthG
Visite lecture au musée Ziem
Ce que j’aime profondément dans l’approche du Musée Ziem, c’est qu’elle laisse la place à l’inattendu. Confier une carte blanche n’est pas rare en soi.Encourager la libre initiative et résister au contrôle. C’est un geste politique et poétique :accueillir une présence, un regard,et accepter que quelque chose adviennesans en maîtriser la forme. Pour « Impressions de voyage »,le musée m’a confié l’espace et le loisird’arpenter l’exposition, de sonder des œuvres appelant des voix, des fragments, des récits,et d’inventer un parcours qui ne s’élaboreque dans la rencontre avec le public. Samedi 17 Janvier à 16h, nous vivrons une nouvelle lecture-traversée.Un autre jour, un autre groupe,une autre manière d’habiter les espaces. Merci au Musée Ziempour cette confiance discrèteet pour sa manière d’envisager l’art comme une expérience en mouvement. 📍 Musée Ziem – Martigues🎟 Entrée libre (réservation recommandée auprès du musée. 04 42 41 39 60 )
Quand la fiction agit comme un miroir
Écrire de la fiction ne consiste pas à trouver une bonne idée en premier lieu. Il s’agit d’apprendre à faire avec ce qu’on ne maîtrise pas encore. Ce qui met le plus en difficulté dans le cadre de fictions courtes, n’est ni le manque d’imagination, ni la surabondance d’idées mais la relation à l’inconnu. Ne pas savoir où l’on va. Avancer sans carte, sans projection tangible. Accepter que l’histoire ne se révèle pas tout de suite. Certains restent longtemps dans une forme de jeu prudent : ils esquivent, contournent, protègent leur projet. D’autres acceptent de faire connaissance avec leurs personnages, graduellement, sans chercher à les contrôler absolument. La fiction agit alors comme un miroir singulier. Elle permet d’exprimer des interrogations, des peurs, des désirs, des blessures, des tensions, mais transfigurées, déplacées, rendues dicibles sans être directement exposées. Le moment décisif arrive souvent lorsqu’un détail inattendu vient bousculer l’intention de départ. Ce qui pourrait être vécu comme une menace devient un moteur. Une excitation nouvelle. La sensation que le texte commence à travailler l’auteur. C’est là que la plasticité entre en jeu : cette capacité à rendre cohérent un ensemblequi, au départ, semblait dispersé. À tenir une unité — début, milieu, fin —sans savoir d’avance comment elle se construira, quels enjeux la moduleront encore, par quelles étapes de façonnage elle se révèlera. Et puis vient la fin, qui s’exprime d’abord par une joie simple : la réponse à cette question qui saisit tout le processus d’écriture — comment cela va-t-il finir ? Cette fin surprend son auteur.e, car… Elle éclaire rétrospectivement toute l’histoire. Elle révèle la profondeur du récit. Son axe. Ses enjeux. Sa force. Quand la fiction devient aussi prise de conscience et c’est cela, son double effet : la satisfaction d’avoir mené une histoire à son terme, et l’étonnement d’y découvrir, ce qui demandait à être dit.
Un savon à barbe – vœux 2026
En sortant de sa poche un savon à barbe, au moment des vœux, il se promit que cet objet lui changerait la vie pour toujours. Il en fut même convaincu, sans en avoir la moindre preuve. Il se dit que ce serait son planting-payoff 2026, si cher à John Irving. Alors, une fois les vœux formulés — à lui-même — dans sa robe de chambre à carreaux ornée de motifs de perdrix qu’il porte depuis ses seize ans et qu’il nomme affectueusement « ma deuxième chambre en toutes circonstances », il saisit un stylo plume. L’encre était turquoise.Ce n’était pas un stylo à cartouche. C’était un de ces stylos qui vous obligent à plonger la plume dans l’encre.et à faire monter le bleu lentement,par saccades, comme si le stylo respirait. À son échelle minuscule, il souhaitait réduire sa propre nuisance terrestre. Non sans sourire à l’opacité des économies modernes, à l’heure où les courriels se rafraîchissent d’un geste inconscient, comme s’ils déclenchaient, quelque part, des cascades d’eau vive ininterrompue. Il fit donc le pari, en 2026, d’écrire des lettres.Avec du papier.Des enveloppes.Et des timbres. Non qu’il fût hostile aux nouveaux modes de communication, mais cette année-là, il lui tardait de retrouver la texture soyeuse du papier, l’encre presque volcanique — une lave de Stromboli enflammant les lettres — et le son de la plume glissant sur la peau de l’arbre détourné. Un arbre qu’il voulait de mort naturelle.Disons : par l’œuvre du temps. Ce son de glisse et de dérapage, ce son bouclé, lui évoquait l’enfance. Au premier janvier 2026, il souhaita à toutes les personnes qui voudraient bien recevoir ses vœux de vivre une vie qui ne les désoeuvre pas : sans aliénation, intègre, multidimensionnelle, lumineuse mais pas aveuglante, joyeuse sans être déstructurante. Il hésita.Et il ajouta : P.-S. : Et de l’amour. De la simplicité.Faites tout avec amour.Et simplicité. Puis il relut la lettre, sourcils froncés.Et d’un dernier geste — sans doute le plus sûr — la froissa en une boule de papier qu’il jeta dans le feu. C’est l’intention qui compte, se dit-il en allumant sa pipe.
Atelier de poésie
Il y a un déplacement très simple que j’observe en poésie avec les jeunes, atelier après atelier. Quand on cesse de s’adresser à des élèves— avec ce que ce mot peut charrier de peur de l’échec ou d’exigence de performance —pour s’adresser à des créateurs,le changement de cap est profond. D’abord la posture.Puis l’écoute.Puis la manière d’entrer dans l’expérience. On ne cherche plus à “faire un exercice”,mais à traverser un processus.Il ne s’agit plus de réussir ou d’échouer,mais d’être présent — par l’écriture, par l’écoute, par la parole en circulation. Ce qui m’a frappé, dans l’une de mes missions menées en micro-collège,c’est que la créativité ne se manifeste pas uniquement dans les productions des élèves.. Elle apparaît aussi dans la qualité de présence,dans la manière de recevoir un texte,dans la capacité à faire place à la parole de l’autre. Lorsque l’évaluation s’efface,lorsque le cadre sécurise sans contraindre,lorsque la sensibilité est reconnue comme une compétence, alors des forces se remettent en mouvement. Et des textes émergent, bien sûr.Mais surtout : une fierté discrète,une estime qui se redresse,et cette sensation précieuse d’avoir trouvé sa place;non pas comme “élève en difficulté”,mais comme créateur légitime. Ce n’est pas spectaculaire,mais c’est souvent là que les transformations durables commencent.
Prochain stage d’écriture de chansons – Juin 2026
Avec Loïc Filibert, certaines choses n’ont plus besoin d’être dites.On n’a pas besoin de s’accorder à chaque stade de création. On sait qui fait quoi.On sait quand intervenir.On sait quand se mettre en retrait. Notre rôle ne consiste pas à diriger un groupe,mais à décrypter ce qui se joueet ajuster le cadre en permanence. Dans le stage d’écriture de chansons (un groupe de compositeurs et un groupe de paroliers) que nous menons ensemble depuis 2019, cette confiance mutuelle est déterminante. Les participants se détendent.Les freins tombent.La créativité prend sa place. Ils repartent autonomes. Et quand ils reviennent, c’est pour partager la même énergie, dans cet espace-là. Avec le temps, on s’est rendu compte d’une chose simple : les cadres les plus puissantssont ceux qui savent s’effacer. Pour en savoir plus sur cette résidence d’écriture de 5 jours, 4 nuits (du 12 au 16 juin 2026)https://lnkd.in/eDrMMZ2h
Le poeteaser des Poétiseurs
Ici, quelques traces poétiques du Salon Produrable à Paris. Très heureux d’avoir vécu ce moment fort avec Les Poétiseurs (The Poetizers) – Le Cercle des Poètes d’Entreprise
Jackbox à l’œuvre
Jackbox est un espace d’évaporation du principe de réalité. Un seuil. Un glissement.Un endroit où le réel s’effiloche. Assez pour laisser apparaître une parole singulière : une langue poreuse, vibratile, ouverte aux flux multiples. Jackbox ne « dit » pas un texte.Il reçoit.Il écoute les expressions transmises par le public — un adjectif, une phrase, une question, un cri — mais aussi les sons involontaires, les silences, les gestes, les regards, les énergies en présence. Il se rend volontairement vulnérable à ce champ.Il devient la membrane de toutes ces manifestations organiques, ces dynamiques relationnelles, ces émanations personnelles.Car rien n’est planté au hasard :le public, en déposant ce qu’il porte, inscrit une intention.Une graine. Accueillant sa propre vulnérabilité, Jackbox ouvre un passage :il énonce en temps réel, il prononce des mots comme en processus d’écriture, et laisse la parole se transformer dans son propre corps. Au fur et à mesure que la langue se tord, s’élargit, s’altère,l’être initial — simple disponibilité, état transitoire —s’incarne en personnage hybride, puis cesse même d’être un personnage,pour devenir une énergie.C’est là que tout bascule :Jackbox n’est plus un interprète.Il devient l’espace qui fait éclore l’égrégore. L’énergie cumulée du public, sa vulnérabilité, ses intentions, ses tensions,se rassemblent en un point brûlant, un point de passage. Le texte éphémère produit n’est alors plus qu’une peau morte, le reste d’un organisme plus grand. Le véritable mouvement est ailleurs :dans l’expérience collective,dans la communion sensorielle, poétique, corporelle, sonore, qui dépasse le langage. Jackbox, en somme,c’est le passage d’un monde enfermé dans une boîteà un espace où la liberté naît de la porosité,pas de la séparation. On repart avec la sensation que quelque chose a circulé :quelque chose de plus vaste que le texteou la performance. Comme si l’intimité de chacunavait ouvert un nouvel espaceà travers la conduite — ou la conduction — de Jack. …………………………… L’espace performatif existe dès l’entrée d’un public. C’est le principe de Jackbox : une expérience poétique pour un public qui devient ressource, matière,et impulsion secrète de ce qui va surgir. Le dispositif est simple :on entre, on s’installe,et l’on peut — si on le souhaite — déposer devant Jackbox un mot, une phrase, un cri,quelque chose qui nous importe. Un geste minuscule… et déclencheur. Jackbox ne répond pas.Il réagit.Il laisse la parole s’ouvrir à partir de ce qui circule :les mots offerts, les silences, les énergies,les regards, les vibrations d’un groupe réuni dans un même lieu. Peu à peu, l’ordinaire s’évapore.La parole se déplie.Un texte éphémère surgit,qui n’est finalement qu’une peau morte de l’expérience.Ce qui reste, c’est : une sensation de communion poétique, fragile et rare. Un moment où l’on comprend que la créativitén’est jamais un mouvement solitaire,mais une circulation vivanteentre un corps, des voix, et un public en présence. Jackbox n’est pas un personnage à observer.C’est un état à traverser. Un espace où la vulnérabilité est motrice,où chacun peut découvrir ce qu’il porte en lui, par effet de résonance. Si vous êtes curieux,si vous aimez les formes vivantes,les dispositifs qui déplacent les codes,les expériences qui ne cherchent pas à briller,mais à faire résonner un groupe, alors… Jack attend d’être invité hors de sa box.
L’escalade poétique avec les collégiens
Depuis deux semaines, j’expérimente avec des collégiens ce que j’appelle une « escalade poétique ». Le nom les intrigue. Ils connaissent l’escalade, ils connaissent la poésie.Mais les deux ensemble… cela ouvre un espace inattendu. Je leur explique que, comme en montagne, nous visons un sommet : le texte final.Et pour y parvenir, nous avançons par prises successives. Chaque prise est un petit jeu, une proposition brève qui nous hisse d’un cran et empêche l’ennui de s’immiscer. Par exemple : ✔️piocher une phrase dans une enveloppe et la prolonger du même nombre de vers ; ✔️caviarder un texte pour en révéler le poème caché ; ✔️observer une image improbable — deux zèbres arc-en-ciel — et interroger l’intention du peintre ; ✔️écouter une musique singulière, entre douceur et étrangeté, et laisser surgir des vers ; ✔️assembler enfin tous ces fragments pour atteindre le sommet du texte. Chaque prise sollicite une autre énergie : le geste, le regard, l’écoute, l’association, le rythme. Les élèves changent de terrain, et quelque chose s’éveille. Ils écrivent sans avoir l’impression d’écrire.Ils explorent, jouent, composent. Certains découvrent que leur texte est déjà là.D’autres sentent le moment précis où il le devient. Voir un élève reconnaître lui-même la fin de son poème, c’est peut-être la plus belle récompense. Au sommet, le texte apparaît.On ne voit plus les prises, on voit l’unité.Le panorama. L’écriture respire dès qu’on change de terrain.
Capgemini Invent : concours de poésie
Quel plaisir de travailler avec les équipes de Capgemini Invent, qui ont cette élégance rare : mettre l’écriture et la littérature au cœur de l’entreprise. Il y a un an, j’avais eu la joie de les accompagner pour le concours de nouvelles.Cette année, le concours de poésie — et les quatre workshops poétiques qui l’ont précédé — ont confirmé à quel point la pluralité des voix peut être un moteur puissant. Voir naître autant de pépites, entendre ces styles si différents prendre leur élan…c’est toujours une expérience excitante et profondément joyeuse. 🌟🌷🥂