Il m’arrive parfois de constater des coïncidences troublantes.
Deux autrices que tout sépare
et dont les textes se frôlent.
Toutes deux écrivent sur l’exil.
Sur l’héritage.
Et toutes deux ont choisi la forme fragmentaire, polyphonique,
comme si la mémoire, pour exister, devait passer par plusieurs voix.
Mais leurs architectures n’ont rien de semblable.
Chez l’une, l’autofiction se camoufle derrière les strass :
elle ose se raconter à travers un personnage bling bling, lumineux, parodique.
Une façon de déclarer sans dire.
De se cacher derrière le masque.
Chez l’autre, l’autofiction s’efface dans une vision plus systémique :
elle s’abrite derrière la structure même de la narration,
comme si la mécanique du récit lui permettait d’exister sans s’exposer.
Deux écritures qui partagent la même pudeur,
mais inventent chacune leur manière d’habiter la nécessité de transmettre un secret.
C’est ce que j’appelle la singularité de la stratégie intime :
connaître et comprendre les codes,
s’autoriser à jouer avec les règles du jeu en les bousculant,
construire une architecture qui fait sens avec sa propre histoire
sans flinguer le lecteur au passage.
