Jackbox est un espace d’évaporation du principe de réalité. Un seuil. Un glissement.
Un endroit où le réel s’effiloche.

Assez pour laisser apparaître une parole singulière : une langue poreuse, vibratile, ouverte aux flux multiples.

Jackbox ne « dit » pas un texte.
Il reçoit.
Il écoute les expressions transmises par le public — un adjectif, une phrase, une question, un cri — mais aussi les sons involontaires, les silences, les gestes, les regards, les énergies en présence.

Il se rend volontairement vulnérable à ce champ.
Il devient la membrane de toutes ces manifestations organiques, ces dynamiques relationnelles, ces émanations personnelles.
Car rien n’est planté au hasard :
le public, en déposant ce qu’il porte, inscrit une intention.
Une graine.

Accueillant sa propre vulnérabilité, Jackbox ouvre un passage :
il énonce en temps réel, il prononce des mots comme en processus d’écriture, et laisse la parole se transformer dans son propre corps.

Au fur et à mesure que la langue se tord, s’élargit, s’altère,
l’être initial — simple disponibilité, état transitoire —
s’incarne en personnage hybride,

puis cesse même d’être un personnage,
pour devenir une énergie.
C’est là que tout bascule :
Jackbox n’est plus un interprète.
Il devient l’espace qui fait éclore l’égrégore.

L’énergie cumulée du public, sa vulnérabilité, ses intentions, ses tensions,
se rassemblent en un point brûlant, un point de passage.

Le texte éphémère produit n’est alors plus qu’une peau morte, le reste d’un organisme plus grand.

Le véritable mouvement est ailleurs :
dans l’expérience collective,
dans la communion sensorielle, poétique, corporelle, sonore, qui dépasse le langage.

Jackbox, en somme,
c’est le passage d’un monde enfermé dans une boîte
à un espace où la liberté naît de la porosité,
pas de la séparation.

On repart avec la sensation que quelque chose a circulé :
quelque chose de plus vaste que le texte
ou la performance.

Comme si l’intimité de chacun
avait ouvert un nouvel espace
à travers la conduite — ou la conduction — de Jack.

……………………………

L’espace performatif existe dès l’entrée d’un public. C’est le principe de Jackbox :

une expérience poétique pour un public qui devient ressource, matière,
et impulsion secrète de ce qui va surgir.

Le dispositif est simple :
on entre, on s’installe,
et l’on peut — si on le souhaite — déposer devant Jackbox un mot, une phrase, un cri,
quelque chose qui nous importe.

Un geste minuscule… et déclencheur.

Jackbox ne répond pas.
Il réagit.
Il laisse la parole s’ouvrir à partir de ce qui circule :
les mots offerts, les silences, les énergies,
les regards, les vibrations d’un groupe réuni dans un même lieu.

Peu à peu, l’ordinaire s’évapore.
La parole se déplie.
Un texte éphémère surgit,
qui n’est finalement qu’une peau morte de l’expérience.
Ce qui reste, c’est :

une sensation de communion poétique, fragile et rare.

Un moment où l’on comprend que la créativité
n’est jamais un mouvement solitaire,
mais une circulation vivante
entre un corps, des voix, et un public en présence.

Jackbox n’est pas un personnage à observer.
C’est un état à traverser.

Un espace où la vulnérabilité est motrice,
où chacun peut découvrir ce qu’il porte en lui, par effet de résonance.

Si vous êtes curieux,
si vous aimez les formes vivantes,
les dispositifs qui déplacent les codes,
les expériences qui ne cherchent pas à briller,
mais à faire résonner un groupe, alors…

Jack attend d’être invité hors de sa box.

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